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Je pense qu'elle séduira tout les amoureux d'automobile comme moi.
Ce qu'il y a de marrant, c'est que Shell, pour faire sa pub, utilise l'image de marque de son client.
C'est un vieux procédé commercial, utilisé ici avec brio.
YOUTUBE GAGNE DU TEMPS ET ENGRANGE LES PROFITS
YouTube est de ceux-là. Et il se faufile entre les gouttes, faisant tantôt preuve d'ouverture en déclarant signer à tour de bras des accords "historiques" avec de grands diffuseurs ou ayants droit, ou tantôt preuve de soumission en retirant dès qu'on lui en fait la demande toute vidéo ou clip litigieux. Mais le numéro un des sites de partage vidéo donne surtout l'impression de gagner du temps : depuis des mois, des négociations sont engagées entre YouTube et Viacom pour le paiement de droits d'utilisation des émissions de son réseau. A tel point que, n'y tenant plus, Viacom a exigé de YouTube le retrait de plus de cent mille clips litigieux de la base début février.
Viacom ne s'en satisfait pas : "La stratégie de YouTube est d'éviter de prendre des mesures directes pour empêcher les violations sur son site, engrangeant ainsi à son profit un trafic et des revenus importants tout en transférant la charge et le coût élevé de la surveillance de YouTube aux victimes de ses infractions", explique le groupe, dans un communiqué. Car YouTube use et abuse du DMCA (Digital Millennium Copyright Act), voté en 1998 : il n'interdit pas l'envoi de contenus protégés par copyright sur son site, mais les retire à la demande, et uniquement si cette dernière est motivée.
Là est le cœur du problème : faut-il, comme poussent à le faire les majors et ayants droit, installer des technologies de protection et d'anti-copie des clips et vidéos sous copyright, mais aussi des systèmes de vérification des contenus sur les sites incriminés ? Ou bien laisser ces mêmes sites vérifier et retirer les fichiers une fois détectés ?
Du côté de Google, la réponse vient d'Alexander MacGillivray, l'avocat du groupe. Selon lui, la jurisprudence des tribunaux américains est limpide : les services Internet sont protégés contre toute responsabilité en matière de copyright s'ils retirent rapidement, comme le demande la loi, les contenus mis en cause, à la demande des détenteurs des droits. L'avocat de Viacom, Michael Fricklas, rétorque : "YouTube veut prendre d'abord et négocier après. On ne peut pas faire fonctionner un marché de cette manière."
VIACOM ENTEND METTRE UN FREIN AU MODÈLE COMMUNAUTAIRELa guerre des contenus audiovisuels en est donc à sa première bataille sur l'interprétation du DMCA. Douglas Lichtman, professeur de droit à l'université de Chicago et agissant en tant que consultant pour Viacom, estime que le DMCA n'est pas un "chèque en blanc" permettant l'usage massif d'œuvres sous copyright. "C'est un texte équilibré destiné à faire quelques exceptions", estime-t-il.
Scrutée de près par les autres grands groupes médias tels que General Electric ou Time Warner, la démarche de Viacom sera déterminante pour cette industrie naissante de la vidéo sur Internet, qui amène à sa suite espoirs de revenus colossaux et nouvelles audiences rajeunies. La firme de Moutain View, elle, campe sur ses positions : "Nous ne laisserons pas cette affaire affecter la croissance continue et la forte performance de YouTube."

Nous n'avons pas découvert la bêtise ou la barbarie humaines sur la Toile. Ce qui est nouveau, c'est que leur expression, au nom d'un certain voyeurisme, peut se diffuser, se répandre, se multiplier, et ainsi toucher un public que n'atteindront jamais une audience de tribunal ou un procès-verbal de commissariat de police.
Ici le crime se double d'un cybercrime, presque légal dans l'esprit de l'internaute qui diffuse ses propres exactions, délits ou perversions. « Tout le monde a droit à son quart d'heure de célébrité », disait Andy Warhol. C'est désormais possible sur le Net, à condition d'aller toujours plus loin dans les images « vraies »...
Au nom de la liberté individuelle, du droit à l'information, de l'accès gratuit aux contenus, mais aussi d'une méfiance envers les institutions ou les médias, la diffusion des contenus les plus bruts, les moins authentifiés, les moins analysés, est encouragée, sous couvert d'un label de vérité ou de réalité qui déculpabilise les malfaiteurs et leurs complices - à savoir les voyeurs que nous sommes devenus.
Il y a un décalage de plus en plus important entre la généralisation du haut débit, qui rend facile et banale la consultation sur Internet, et l'indigence des contenus proposés, dont le sens se réduit telle une peau de chagrin au regard de l'amplification des usages.
L'apparition de l'image sur Internet n'en est pourtant qu'à ses débuts, et la Toile est aujourd'hui constituée à 95 % d'hypertexte. Pauvreté de l'offre d'images, images de la pauvreté des contenus : l'image reste l'enfant pauvre de ce média. Et leur rencontre n'est pas placée sous les meilleurs auspices. Mais demain ? L'image mise en ligne peut-elle encore sauver sa capacité de réflexion, de proposition, de questionnement ? Peut-elle s'affirmer comme un outil et un espace de création intellectuelle, d'échange de savoirs et de compréhension du monde ?
Après les sons et la musique, que le Web a submergés au point d'affaiblir et de déstabiliser pour longtemps l'industrie du disque, l'arrivée balbutiante de l'image animée suscite nombre de réticences. Mais au nom même de celles-ci, doit-on se limiter aux visionnages en boucle de clips débilitants ? La création de valeur sur Internet s'est jusqu'alors concentrée sur l'accès (fournisseurs d'accès, hébergeurs) et les moteurs de recherche (Google, Yahoo...), délaissant la production de contenus propres et originaux. Aujourd'hui, l'internaute consomme ce qu'on lui propose en matière d'image, c'est-à-dire pas grand-chose. Face à cette pénurie, il n'y a pas d'alternative.
Pour que la Toile vidéo ne devienne pas le Top 50 de la bêtise ordinaire, il faut rapidement proposer une offre massive et légale d'images animées (actualités, fictions, documentaires...). Il faut mettre en ligne l'ensemble des contenus produits pour l'audiovisuel depuis sa naissance. En visionnage gratuit ! Face au clip du lycéen qui « baffe » son professeur, les conférences de presse du général de Gaulle ; face aux contenus piratés, les « Apostrophes » de Bernard Pivot ; face aux sites négationnistes, les entretiens des rescapés de la Shoah ; face à la chute de skate du vidéaste amateur, l'émission « La tête et les jambes ».
Il ne s'agit pas de prôner à tout prix la nostalgie ; il s'agit de donner au citoyen la possibilité d'accéder à des images produites dans un esprit souvent pédagogique, informatif et culturel. C'est une attente forte, à laquelle l'INA contribue à répondre avec ina.fr. Son succès est emblématique de la demande qui s'exprime. Depuis sa création, en avril 2006, plus de sept millions d'internautes ont visité ce site unique au monde, qui propose une offre référencée, cataloguée et accessible gratuitement. A côté des sites de vidéo à la demande - où le négoce des blockbusters joue toute sa part - et ceux des chaînes de télévision qui rediffusent ce qu'elles ont déjà mis à l'antenne, voilà désormais une alternative...
Aujourd'hui, le Web vit avec le monde des images une histoire chahutée, à laquelle la campagne présidentielle donne actuellement un écho particulier. Pour que cette relation s'apaise, il est temps qu'Internet se réapproprie le sens, pose ses propres repères et se dote d'un point fixe. Dans le domaine de l'écrit, il est entré dans l'âge adulte. Dans celui de l'image, il n'est toujours pas sorti de l'adolescence. Il faut l'y aider.
Emmanuel Hoog
Emmanuel Hoog est président directeur-général de l’Ina,
est également président de la Fédération internationale des archives de télévision (FIAT).

Salut.
Je ne suis pas de ceux qui veulent pendre ceux qui dirigent, et ceux qui sont payés pour le faire.
Je trouve cela juste, et nécessaire à l'émulation, et l'envie d'avancer dans les entreprises.
Voici que coup sur coup, Michel Rocard, imbuvable médiatiquement, mais à la pensée toujours intéressante, et le Medef, tiennent le haut du pavé dans Le Monde daté du mercredi 10 et du jeudi 11 janvier 2007.
Au delà du fait que ces articles sont, me parait il, fort intéressants, ils signent un constat défintif:
- Les dirigeants politiques sont en retard sur la réflexion éthique autour de notre société
(alors à quoi servent ils donc ?)
- La société civile réfléchit et propose d'ajouter de l'éthique dans nos pratiques sociales.
- On peut dire que les patrons sont trop payés, ou en tout cas, trop rémunéré par du financier, sans être un communiste.
Un peu d'air frais dans nos pensées donc.
Cela fait du bien dans cette campagne électorale vidée de son sens par les candidats eux mêmes.
A+
Emmanuel.
Bonjour.
Aujourd'hui dans le figaro:
Des bandes très violentes agissent dans la capitale
Inquiéter les foules ? Remettre l'insécurité au centre de la campagne ?
Ou prouver que Nicolas Sarkozy n'a pas un bon bilan sur les missions qui lui ont été confiées ?
Que cet article roule pour Chirac ou pour Ségo, il est évident que le Figaro lâche Sarko.
Pour la petite histoire, j'habite le 11°, et pour ceux qui ne se bourrent pas la gueule dans les trucs à touristes, l'insécurité est très étrangère.
Emmanuel.
Etrange cette sensation. Etrange. Jamais pourtant je ne me suis senti aussi libre de m’exprimer. Jamais je n’ai eu à ma disposition tant d’outils pour publier, envoyer, faire connaître, ma pensée, mon avis, ma réaction, ou mon goût. Blog, mail, téléphone portable, libres antennes, plateaux télés, courriers des lecteurs, la place donnée au public est désormais immense, et sans limite. Pourtant, jamais autant je n’ai ressenti la vanité, ou la vacuité de ce que je pouvais bien prétendre. La valeur du contenu dépendrait elle tant de celle du contenant ?
Ici, la valeur fait référence à une valeur marchande, monétaire.
En excluant la question de la poule et de l’œuf, il reste le constat que nous accordons crédit aux propos tenus, et aux informations trouvées, dans des supports qui nous semblent avoir de la valeur.
Métro ou Direct Soir, bien que gratuits, ne nous abusent pas. Ils ont de la valeur, la valeur de l’espace publicitaire, qui à notre insu, nous apparaît comme un certificat de sérieux.
On peut opposer à cette réflexion les cas des radios non publicitaires mais publiques. Mais, dans ce cas, nous les considérons systématiquement avec le sérieux que nous accordons aux institutions publiques. De plus, la valeur marchande de ces médias publics donc « gratuits », nous est à chacun rappelée quotidiennement, via l’impôt (TVA, sur le revenu, CSG, RDS etc.…).
En ce qui concerne la blogosphère, on notera que rien n’est plus simple que d’ajouter de la publicité sur son Blog. La régie de Google AdSense propose ce service en quelques clics. « AdSense », comme s’il s’agissait justement, grâce à la publicité, de donner du sens à cette expression libre.
J’ajoute, que cette liberté apparente, ne semble pas du tout avoir atteint la sensation diffuse de n’être pas entendu, pas représenté, si répandue parmi nos concitoyens. Comme si cette boulimie de libre expression amplifiait ce sentiment d’éloignement, et de séparation entre puissants et simples mortels.
Preuve en est la persistance du soutien à JM Le Pen. Preuves en sont également les outils populistes que doivent manier les candidats PS et UMP à la présidentielle pour espérer gagner.
« Je suis la candidate des gens, la candidate de l’insoumission » déclarait Ségolène Royale dans les pages du Monde, au lendemain de sa désignation. La candidate des gens, comme une revanche de ces « gens » (« serviteurs des maisons bourgeoises » ?) qui se sentiraient encore et toujours bafoués, et éloignés du centre des choses.
Cette libre expression semble même bien nous déprimer.
Libre de dire tout et son contraire, nous le sommes. Mais ce qui nous déprime, c’est que même libre de le faire, nous restons les mêmes. La petitesse que nous reprochons à nos vies n’était donc pas due à une injustice nous empêchant d’accéder à la parole et à l’expression, mais à autre chose, de plus complexe. Non seulement nous n’avons pas tant de choses que ça à dire, mais en plus, on ne peut plus accuser les puissants de nous empêcher de le dire. Douloureux retour réel.
Enfin, obtenir la parole, sans avoir à lutter pour la prendre, c'est-à-dire à la façonner, à la travailler, pour la rendre audible et efficiente, n’aboutit qu’à une forme de libération personnelle. Combien de réécriture faut il, même pour un grand écrivain ou une grande signature, pour obtenir d’être publié dans Le Monde ? Combien de versions différentes pour voir son œuvre éditer sous la signature NRF ? Ce temps n’est pas que le fait d’une injustice terrible de non reconnaissance, c’est aussi le temps de travail nécessaire à l’accession à une certaine forme de qualité. Cette qualité d’un texte, ou d’un propos, si rare, qui le rend compréhensible par tous, et intéressant pour tous.
Un média totalement libéré de valeur marchande nous apparaît il réel ? Une communication « sans valeur » ne serait-elle « que » l’outil et le lieu de la libération des affectes, ou du transfert ? La lutte contre le populisme, nécessite-t-elle aussi la lutte contre ce rêve enfantin de l’expression généralisée et contre cette « démocratie participative » ?
A suivre.
Joe Sample et Randy Crawford signent ce mois ci un album à ne pas laisser passer: Feeling Good.
"High Level", on ne voit pas trop quel autre terme pourrait bien décrire ce dernier opus du duo rendu célèbre par Street Life (notamment utilisé pour le générique du film Jackie Brown, de Q. Tarantino).
A leurs côtés, on retrouve un duo brillantissime, Steve Gad à la batterie, et Larry Carlton à la guitare. Ces deux génies sont connus en France pour avoir collaboré au succès de l'album Où est la source de Michel Jonasz (Groove Baby Groove, eh oui, c'était eux !). Larry Carlton est très connu également pour sa carrière solo.
C'est du "free jazz" de très haut de gamme. Ce genre de Jazz qui utilise un air connu comme un prétexte, pour laisser s'exprimer le génie des artistes.
On est un peu déçu tout de même que ce ne soit que des "reprises". Le mot reprise recouvre ici, tout de même, une réalité bien éloignée des gémissements de la star-ac', c'est certain. Mais on aurait aimé réentendre une création sortie de l'esprit fou de Joe Sample (Fly with Wings of Love avec son groupe The Crusaders .... une création énorme). Musicalement incontournable, la voix de Randy Crawford, l'age aidant, est sans doute la plus belle voix du jazz contemporain.
Joe Sample est décidemment un génie. Depuis le début des années 70, jusqu'à aujourd'hui, sa musique n'a cessé d'être plus inventive, plus créatrice, et plus talentueuse que toute celle de ses contemporains. Le sillon qu'il creuse, avec un piano libre et rythmé, convient bien plus aux musiques de film qu'aux plateaux de télé. Il restera donc un parfait inconnu pour le grand public, qui sans le savoir, danse et écoute du Joe Sample.
Au fond, si Joe Sample est si peu connu du grand public, c'est à la fois par le côté pointu de sa musique, mais aussi par une organisation médiatique qui capture les élites dans des niches de marché, rendues volontairement inaccessibles.
En écrivant sur Joe Sample, moi blogger, ou n'importe quel journaliste, prouve surtout sa connaissance et sa maîtrise du sujet. Il est évident, que la valeur ajoutée du commentateur est d'autant plus évidente que le sujet est peu connu de ses lecteurs.
Joe Sample est ainsi capturé, à l'abri des regards indiscrets, par une élite de mélomanes, à qui il sert de signe de reconnaissance: "Ouf, nous qui connaissons Joe Sample, nous en faisons partie, de l'élite".
Je ne sais pas si j'en fais partie, mais en tout cas, Joe Sample c'est bien, pour tout le monde.